À retenir
- Le débit annoncé vient de la spécification 3GPP TS 36.306 : 150 752 bits par TTI en descendant pour la catégorie 4, soit les 150,75 Mbit/s de l'emballage, avec toute la ressource de la cellule pour un seul terminal.
- L'Arcep ne publie aucun débit descendant moyen mais des taux de franchissement de seuils : 76,0 % des mesures dépassent 30 Mbit/s en zones d'habitation, 55,7 % en zones rurales, 49,8 % en rural à l'intérieur des bâtiments.
- Le nombre de sites 4G par opérateur recensé par l'ANFR ne dit rien de votre adresse : un même support porte souvent plusieurs opérateurs, et la somme des lignes dépasse le nombre de sites physiques.
- Plus la fréquence est élevée, plus le signal s'atténue avec la distance et pénètre mal dans les bâtiments : c'est l'Arcep qui l'écrit, et c'est ce qui rend les bandes 700 et 800 MHz éliminatoires.
- Les cartes de couverture doivent être fiables à 98 % depuis 2020, et une adresse en « bonne couverture » n'annonce un usage à l'intérieur que « dans certains cas ».
Le débit imprimé sur la boîte est une valeur de spécification
Un hotspot 4G est un modem cellulaire miniature : il capte un réseau mobile, puis rediffuse cette connexion en Wi-Fi. Le chiffre qui domine l'emballage vient de la spécification 3GPP TS 36.306, publiée par l'ETSI, qui ne raisonne pas en mégabits par seconde : elle fixe un nombre maximal de bits de bloc de transport échangés pendant un intervalle de transmission, le TTI. Pour la catégorie 4, 150 752 bits par TTI en descendant et 51 024 en montant ; pour la catégorie 6, 301 504 en descendant. Le TTI du LTE durant une milliseconde, cela donne les débits crête couramment annoncés de 150,75 Mbit/s, 51,02 Mbit/s et 301,5 Mbit/s : des capacités de terminal, atteignables avec toute la ressource de la cellule pour lui seul.
Face à ce catalogue, les mesures de terrain. Dans son enquête menée de la fin du printemps à l'été 2025 dans tous les départements métropolitains, l'Arcep ne publie aucun débit descendant moyen : elle publie des taux de franchissement de trois seuils, 3, 8 et 30 Mbit/s, une approche qui selon elle « permet d'évaluer la performance de manière équilibrée, sans encourager une course au débit maximal ». Résultat : 76,0 % des mesures en zones d'habitation dépassent 30 Mbit/s, seuil associé aux usages les plus exigeants. En zones denses, 88,6 % ; en zones rurales, 55,7 %, et 49,8 % à l'intérieur des bâtiments, soit moins d'une mesure sur deux.
Le baromètre nPerf, déclaratif et auto-sélectionné puisque l'utilisateur lance lui-même le test, affiche pour 2025 des moyennes descendantes de 128,91 Mb/s pour Orange, 121,07 pour SFR, 119,53 pour Bouygues Telecom et 105,53 pour Free. Le même document publie les médianes en heures chargées, entre 18h et 23h : de 31 à 38 Mb/s en descendant, de 2,5 à 4,2 Mb/s en montant. Cet écart d'un facteur trois ne vient pas de la congestion du soir. Dans le baromètre 2024, la moyenne aux heures chargées n'était inférieure que de 4 à 10 % à la moyenne globale : c'est la distribution très asymétrique des débits qui creuse la différence.
Le débit maximal annoncé est, paradoxalement, le critère le moins discriminant de toute la fiche technique.
Critère 1 : la catégorie LTE et ce que la spécification définit vraiment
| Catégorie | Sens | Bits par TTI | Débit crête correspondant |
|---|---|---|---|
| Catégorie 4 | Descendant | 150 752 | 150,75 Mbit/s |
| Catégorie 4 | Montant | 51 024 | 51,02 Mbit/s |
| Catégorie 6 | Descendant | 301 504 | 301,5 Mbit/s |
Une catégorie basse se raccroche à une seule bande à la fois, les catégories supérieures en combinent plusieurs : associer une bande basse, qui traverse mieux les murs, et une bande haute, qui transporte plus de données, donne une connexion stable et rapide. Encore faut-il que le réseau agrège plusieurs bandes à cet endroit.
Critère 2 : les bandes de fréquences supportées, le critère éliminatoire
C'est le critère qui décide si l'appareil fonctionne chez vous, et il est écrit en petit. L'Arcep pose la logique physique sans détour : « Plus la fréquence est élevée, plus elle s'atténue rapidement avec la distance, et moins elle pénètre facilement dans les bâtiments. » Il le chiffre en équipements, pas en décibels : « l'atténuation du signal est plus importante à 1800 MHz qu'à 900 MHz. Pour couvrir une zone donnée, il faudra donc plus d'équipements avec la technologie 1800 qu'avec la 900. » Sa fiche sur la couverture à l'intérieur des bâtiments ajoute que la pénétration des signaux « est atténuée par les murs, et encore davantage lorsqu'il s'agit de bâtiments HQE (haute qualité environnementale) ». Un boîtier privé de bandes basses ne se rattrape donc par aucun réglage.
| Bande | Détention | Échéance | Comportement |
|---|---|---|---|
| 700 MHz | Attribuée en 2015 : Orange et Free Mobile 10 MHz duplex, SFR et Bouygues Telecom 5 MHz duplex | 7 décembre 2035 | Bande basse |
| 800 MHz | Bouygues Telecom, Orange, SFR ; Free Mobile n'y détient pas de fréquences | 16 janvier 2032 | Bande basse |
| 900, 1800 MHz, 2,1 GHz | Renouvelées le 15 novembre 2018, en contrepartie du New Deal mobile | Jusqu'en 2034 | Atténuation croissante avec la fréquence |
| 2,6 GHz | Les quatre opérateurs | 10 octobre 2031 | Bande haute |
| 3,4 à 3,8 GHz | Enchère 2020 : Orange 90 MHz, SFR 80, Bouygues Telecom et Free Mobile 70, soit 310 MHz | 17 novembre 2035 | Bande haute : portée courte, faible pénétration |
Elles courent au minimum jusqu'au début des années 2030 : un boîtier sans bandes basses restera handicapé toute sa vie utile.
Le nombre de sites ne dit rien de votre adresse
L'Agence nationale des fréquences recense support par support les autorisations délivrées. Au 1er août 2026, elle compte 68 735 sites 4G autorisés en métropole, dont 65 142 déclarés en service, et 72 467 autorisés sur l'ensemble de la France. L'écart entre autorisé et allumé repose sur leurs déclarations.
L'ANFR le dit elle-même : un même support porte souvent les antennes de plusieurs opérateurs, la somme des quatre lignes dépasse donc le nombre de sites physiques. Surtout, aucun de ces totaux ne dit rien de la couverture à une adresse donnée : un opérateur peut afficher plus de sites qu'un autre et être moins bien placé dans votre rue.
Ce que la ventilation par bande révèle
L'ANFR ne ventile par bande que la 5G, mais elle éclaire la logique du déploiement. Au 1er août 2026, l'agence recense 55 977 sites 5G autorisés, dont 1 458 outre-mer, et 49 877 déclarés techniquement opérationnels, vocabulaire propre à la 5G à ne pas confondre avec le « en service » de la 4G.
L'écart entre sites autorisés et sites allumés est systématique dans les trois bandes : l'autorisation précède l'exploitation, parfois de plusieurs milliers de supports. Et un même site étant compté dans plusieurs bandes, les trois lignes ne s'additionnent pas. L'Arcep publie un comptage différent, plus de 73 900 sites 5G mis en service en métropole au 31 mars 2026 dont plus de 45 900 en 3,5 GHz : les deux séries ne mesurent pas la même unité.
Les boîtiers destinés à d'autres marchés
Beaucoup de hotspots vendus à bas prix sont conçus pour des réseaux nord américains ou asiatiques et ignorent les bandes basses utilisées en France. L'appareil fonctionne alors en centre ville, puis devient inutilisable dès que l'on s'éloigne. Seule compte la liste explicite des bandes, qui doit contenir le 700 MHz et le 800 MHz.
Critères 3 et 4 : le Wi-Fi diffusé et le nombre d'appareils supportés
Le lien 4G n'est que la moitié du trajet : l'autre moitié est le Wi-Fi diffusé par le boîtier, parfois le goulot d'étranglement. La loi physique rappelée par l'Arcep vaut dans votre logement, la bande 5 GHz offrant des canaux plus larges et moins encombrés que le 2,4 GHz mais portant moins loin. Le nombre de clients affiché, lui, décrit une table d'adresses : le processeur, le temps d'antenne partagé et le lien 4G divisé entre tous se cumulent.
Le débit demandé par chaque usage, selon les éditeurs
Netflix recommande 3 Mbit/s ou plus pour du 720p, 5 pour du 1080p et 15 pour de l'ultra haute définition. Microsoft indique pour Teams, par point de terminaison, 150 kbit/s montant et 200 descendant au minimum en vidéo de réunion, contre 2 500 et 4 000 en valeur recommandée. Zoom demande 1,2 Mbit/s dans les deux sens pour un appel un à un en 720p. Spotify situe ses paliers audio à 24, 96, 160 et 320 kbit/s.
Critère 5 : la batterie, en heures réelles plutôt qu'en milliampères heures
La capacité affichée ne dit presque rien seule. L'autonomie dépend de la consommation de la partie radio, donc de la qualité du signal : en réception faible, le modem émet à pleine puissance en permanence. S'y ajoute la chauffe : l'Arcep signale, à propos de sa campagne de l'été 2025, que cette « période marquée par plusieurs épisodes de fortes chaleurs » pouvait « influencer ponctuellement les performances de certains terminaux ». Beaucoup de boîtiers exigent enfin la batterie en place même sur secteur : pour un poste fixe, préférez une batterie amovible.
Critères 6 et 7 : liberté d'usage et capacité de diagnostic
Un boîtier vendu par un opérateur est souvent verrouillé sur son réseau. Le droit est ici du côté de l'acheteur : l'Arcep rappelle qu'« à l'expiration d'un délai de six mois à compter de la souscription, tous les opérateurs ont l'obligation de déverrouiller gratuitement », délai « ramené à trois mois » chez les membres de la Fédération française des télécommunications, en vertu d'un engagement unilatéral pris le 23 septembre 2010 et non d'une loi. Les terminaux vendus sans engagement de durée ne doivent pas être verrouillés.
Restent trois vérifications : le format de carte SIM, la présence éventuelle d'une eSIM, et surtout un champ APN modifiable, sans lequel beaucoup de cartes SIM de données ne se connecteront jamais. Le repli vers les générations antérieures existe encore, l'ANFR recensant au 1er août 2026 54 758 sites 3G et 37 068 sites 2G déclarés en service en France, mais il ne remplace pas une liste de bandes 4G correcte. Côté diagnostic, un écran affichant la puissance reçue et la bande utilisée rend le placement rationnel.
| Niveau | Ce qu'il permet, selon l'Arcep |
|---|---|
| Pas de couverture | Improbable de pouvoir échanger des données mobiles, que cela soit à l'intérieur ou à l'extérieur des bâtiments |
| Couverture limitée | Possibilité d'échanger des données mobiles à l'extérieur des bâtiments dans la plupart des cas, mais probablement pas à l'intérieur |
| Bonne couverture | Possibilité d'échanger des données mobiles à l'extérieur des bâtiments dans la plupart des cas, et, dans certains cas, à l'intérieur |
| Très bonne couverture | Possibilité d'échanger des données mobiles à l'extérieur des bâtiments, et, dans la plupart des cas, à l'intérieur |
Ce que vaut la carte que vous consultez
Le niveau de fiabilité minimal exigé des cartes publiées par les opérateurs a été « renforcé en 2020 de 95 % à 98 % » : depuis la décision n° 2020-0376, « ces cartes doivent être fiables à 98 % ». Pour le vérifier, plus de 270 000 mesures ont été effectuées par un prestataire indépendant sur l'équivalent de 5 % du territoire métropolitain, et l'Arcep relève que les opérateurs n'ont pas atteint cette exigence sur certaines zones, en particulier pour la très bonne couverture. Si votre adresse n'apparaît qu'en « bonne couverture », le connecteur d'antenne externe devient décisif.
Assembler les sept critères selon l'usage
L'Arcep chiffre l'écart entre les situations. Sur l'affichage d'une page web en moins de cinq secondes, la campagne 2025 donne 84,7 % toutes zones d'habitation, 90,3 % en zones denses et 74,2 % en zones rurales. Sur le débit montant moyen, l'écart est plus net encore : 26,47 Mbit/s en zones denses, 25,02 en zones intermédiaires, 10,34 en zones rurales. Le cas le plus défavorable de la campagne est le montant en zone rurale à l'intérieur des bâtiments, 8,24 Mbit/s, contre 30,93 Mbit/s à l'extérieur en zone dense. Or la zone peu dense comprend « environ 22 500 communes rurales, qui représentent 18 % de la population et 63 % du territoire ».
La hiérarchie s'inverse aussi d'une strate à l'autre, si bien que le choix de la carte SIM compte autant que celui du boîtier. L'Arcep mesure en zones denses Bouygues Telecom à 94 %, Orange à 93 %, SFR à 88 % et Free Mobile à 86 %. En zones rurales, l'ordre change : Orange à 79 %, SFR à 75 %, Free Mobile à 72 % et Bouygues Telecom à 71 %. L'opérateur le mieux placé en ville n'est pas celui qui tient le mieux la campagne.
En nomade urbain, le Wi-Fi 5 GHz compte plus que le débit crête ; en zone rurale, les bandes basses deviennent éliminatoires et le connecteur d'antenne indispensable. Aucun boîtier ne crée de la couverture : il transporte ce que le réseau veut bien lui donner à cet endroit.
Questions fréquentes
Que vaut vraiment le débit annoncé sur la boîte ?
Il vient de la spécification 3GPP TS 36.306 publiée par l'ETSI, qui fixe 150 752 bits par TTI en descendant et 51 024 en montant pour la catégorie 4, et 301 504 bits par TTI en descendant pour la catégorie 6. Converties avec un TTI d'une milliseconde, ces valeurs donnent les 150,75, 51,02 et 301,5 Mbit/s des emballages. Ce sont des capacités de terminal, mesurées avec toute la ressource de la cellule allouée à lui seul.
Quels débits sont réellement mesurés en France ?
L'Arcep ne publie pas de débit descendant moyen : elle publie des taux de franchissement de trois seuils. Lors de sa campagne 2025, 76,0 % des mesures en zones d'habitation dépassent 30 Mbit/s, 88,6 % en zones denses, 55,7 % en zones rurales et 49,8 % en zone rurale à l'intérieur des bâtiments. Le baromètre nPerf, déclaratif et auto-sélectionné, affiche des moyennes annuelles descendantes de 105,53 à 128,91 Mb/s selon l'opérateur, mais ses médianes en heures chargées se situent entre 31 et 38 Mb/s. Cet écart tient à la distribution très asymétrique des débits, pas à l'heure de la soirée.
Le nombre de sites d'un opérateur garantit-il une bonne couverture chez moi ?
Non. L'ANFR compte, au 1er août 2026, 68 735 sites 4G autorisés en métropole dont 65 142 déclarés en service, et publie un comptage par opérateur. Mais un même support physique porte souvent les antennes de plusieurs opérateurs, si bien que la somme des quatre lignes dépasse le nombre de sites réels. Surtout, aucun de ces totaux ne décrit la couverture à une adresse donnée : il faut consulter les cartes, qui doivent être fiables à 98 % depuis la décision n° 2020-0376, et lire le niveau annoncé.
Pourquoi les bandes basses sont-elles décisives ?
Parce que la physique le veut, et l'Arcep l'écrit : « Plus la fréquence est élevée, plus elle s'atténue rapidement avec la distance, et moins elle pénètre facilement dans les bâtiments. » Le régulateur ajoute qu'il faut plus d'équipements pour couvrir une zone en 1800 MHz qu'en 900 MHz. Les autorisations en 700 MHz courent jusqu'au 7 décembre 2035 et celles en 800 MHz jusqu'au 16 janvier 2032 : un boîtier qui ignore ces bandes fonctionnera en ville et décrochera dès que l'on s'éloigne.