À retenir
- Selon l'Arcep, 84,7 % des pages web s'affichent en moins de cinq secondes en zones d'habitation, mais seulement 74,2 % en zones rurales : l'emplacement décide avant le matériel.
- Le débit montant, celui qui porte la visioconférence, tombe de 26,47 Mbit/s en zones denses à 10,34 Mbit/s en zones rurales, et à 8,24 Mbit/s à l'intérieur des bâtiments en zone rurale.
- L'Arcep ne publie aucun débit descendant moyen mais des taux de franchissement de seuils : 76,0 % des mesures dépassent 30 Mbit/s toutes zones, contre 49,8 % en zone rurale à l'intérieur.
- En déplacement, les mesures s'inversent par rapport à l'intuition : 93 % de pages chargées en moins de cinq secondes dans les métros, 64 % dans les TGV, avec un protocole allégé sans 5G sur les axes de transport.
- L'Arcep attribue la mauvaise réception en intérieur à l'atténuation par les murs, davantage encore dans les bâtiments HQE : c'est le seul argument solide en faveur d'une antenne externe, donc d'une box fixe.
Une seule technologie, trois emballages différents
Un hotspot 4G, un smartphone en partage de connexion et une box 4G font la même chose sur le papier : ils captent un signal cellulaire avec une carte SIM et le rediffusent en Wi-Fi. Même réseau, même couverture, même cellule au-dessus de vous. Tout ce qui les sépare tient dans l'ingénierie autour du modem.
Reste à savoir ce que le réseau délivre réellement. L'Arcep a mené sa campagne annuelle de qualité de service de la fin du printemps à l'été 2025, dans tous les départements métropolitains : plus d'un million de mesures selon son communiqué, plus de trois millions selon les notes méthodologiques du fichier de données ouvertes associé. Ces résultats en disent plus long que la catégorie LTE imprimée sur l'emballage.
Aucun des trois ne crée de connexion
La formule "internet sans abonnement" désigne au mieux l'absence d'engagement : le boîtier reste inutile sans carte SIM et sans forfait data actif. Une annonce qui ne mentionne ni SIM, ni opérateur, ni volume de données décrit un contenant, pas le service qui le rend utile.
Ce que le réseau réussit, selon l'endroit
L'indicateur le plus parlant n'est pas un débit, c'est un taux de réussite. Le protocole de l'Arcep consiste à visiter alternativement les trente pages web les plus consultées par les Français, parfois à l'intérieur des bâtiments, parfois à l'extérieur. Sur 253 260 mesures en zones d'habitation, 84,7 % des pages s'affichent en moins de cinq secondes, mais 90,3 % en zones denses contre 74,2 % en zones rurales. À dix secondes, l'écart persiste : 94,7 % contre 82,2 %.
Le classement des opérateurs s'inverse même d'une zone à l'autre : l'Arcep relève 94 % pour Bouygues Telecom et 93 % pour Orange en zones denses, mais en zones rurales Orange passe en tête à 79 %, devant SFR (75 %), Free Mobile (72 %) et Bouygues Telecom (71 %).
La vidéo raconte la même histoire : 91,2 % de diffusions réussies et de qualité parfaite toutes zones d'habitation, 95,6 % en zones denses, 83,8 % en zones rurales. Le test porte sur des vidéos d'une minute en 720p et ne dit rien de la 4K.
Sur le descendant, l'Arcep ne publie aucune moyenne en Mbit/s mais des taux de franchissement de trois seuils. Celui de 3 Mbit/s, adapté aux usages les moins exigeants comme la navigation web, est franchi par 90,0 % des mesures toutes zones et 80,0 % en rural. Celui de 8 Mbit/s, qui correspond aux usages les plus courants tels que le visionnage de vidéos, tombe à 85,6 % et 71,6 %. Celui de 30 Mbit/s, jugé nécessaire aux outils collaboratifs ou professionnels, est atteint dans 76,0 % des cas toutes zones, 88,6 % en zones denses, 55,7 % en zones rurales et seulement 49,8 % en zone rurale à l'intérieur des bâtiments.
Choisir un boîtier, c'est choisir un objet. Le taux de réussite, lui, dépend d'abord de l'endroit où il est posé.
Le débit montant, l'oublié qui décide de la visioconférence
Les fiches produit parlent du descendant. Or c'est le montant qui rend une visioconférence tenable. L'Arcep mesure un débit moyen montant de 20,43 Mbit/s en zones d'habitation, sur 16 682 mesures par transfert de fichiers de grosse taille : 26,47 Mbit/s en zones denses, 25,02 en zones intermédiaires, 10,34 en zones rurales. Le cas le plus défavorable du fichier, le montant rural à l'intérieur des bâtiments, tombe à 8,24 Mbit/s, contre 30,93 à l'extérieur en zone dense.
Par opérateur, le communiqué donne en zones denses 34 Mbit/s pour Orange, 27 pour Bouygues Telecom, 25 pour SFR et 20 pour Free Mobile ; en zones rurales, 14 Mbit/s pour Orange, 11 pour SFR, 9 pour Bouygues Telecom et 8 pour Free Mobile. L'Arcep précise que deux opérateurs dont l'écart reste dans la marge d'erreur sont considérés comme ex aequo.
Comparez aux exigences publiées par les éditeurs. Microsoft recommande 1 500 kbit/s dans les deux sens pour de la vidéo en tête-à-tête sur Teams et 2 500 kbit/s montants en réunion, l'audio étant priorisé quand la bande passante manque ; Zoom annonce 2,6 Mbit/s montants pour un appel de groupe en 720p. La marge existe en moyenne, à condition que l'instant ressemble à la moyenne : l'Arcep rappelle que ses mesures ne préjugent pas de l'expérience ponctuelle.
Le baromètre nPerf offre un contrepoint, à condition de savoir ce qu'il mesure : des tests lancés par les utilisateurs eux-mêmes, donc auto-sélectionnés, à la différence du protocole Arcep. Ses médianes aux heures chargées, la plage 18h-23h, vont de 31 à 38 Mb/s en descendant et de 2,5 à 4,2 Mb/s en montant, très loin de ses moyennes annuelles descendantes (128,91 Mb/s pour Orange, 105,53 pour Free). L'écart ne vient pas d'une congestion du soir mais de la statistique : la moyenne est tirée vers le haut par une minorité de tests très rapides.
Le chiffre à surveiller n'est pas le débit descendant annoncé, c'est le débit montant disponible là où le boîtier va vivre.
L'antenne et les murs
Les antennes cellulaires d'un smartphone sont des fentes ménagées dans un châssis métallique, partagées avec le Wi-Fi et le GPS, courtes par rapport aux longueurs d'onde et désaccordées par la main ou par une coque. Un hotspot dédié est une boîte en plastique que les ondes traversent : les deux antennes du MIMO peuvent être écartées et orientées différemment. Le gain se compte en décibels, non en multiples, et aucune source publique ne le chiffre.
La physique est posée en toutes lettres par le régulateur : "Plus la fréquence est élevée, plus elle s'atténue rapidement avec la distance, et moins elle pénètre facilement dans les bâtiments." Sur l'intérieur, la cause officielle est nommée : "La pénétration des signaux des réseaux mobiles dans les bâtiments est atténuée par les murs, et encore davantage lorsqu'il s'agit de bâtiments HQE (haute qualité environnementale)." Les remèdes que l'Arcep recense, des antennes distribuées aux répéteurs et à la voix sur Wi-Fi, plaident tous pour un matériel capable de recevoir une antenne externe.
Cette atténuation explique la grille officielle des niveaux : en "bonne couverture", l'Arcep annonce des échanges de données possibles à l'extérieur dans la plupart des cas et, dans certains cas seulement, à l'intérieur ; en "très bonne couverture" uniquement, elle annonce l'intérieur dans la plupart des cas. Les bandes basses éclairent les écarts ruraux : sur la bande 700 MHz attribuée en 2015, Orange et Free Mobile ont obtenu 10 MHz duplex chacun contre 5 MHz duplex pour SFR et Bouygues Telecom, et Free Mobile ne détient aucune fréquence en bande 800 MHz.
Quant aux catégories LTE affichées sur les boîtiers, la spécification 3GPP les définit en bits par intervalle de transmission : 150 752 bits en descendant pour une catégorie 4, 301 504 pour une catégorie 6. Des capacités de terminal, atteignables avec toute la cellule pour soi seul.
Partage de connexion : pratique, mais l'appareil paie l'addition
Le partage de connexion est la solution la plus disponible : déjà dans votre poche, gratuite, immédiate. C'est aussi celle qui maltraite le plus le matériel. Le téléphone maintient son modem en émission soutenue, fait tourner sa puce Wi-Fi en mode point d'accès, ce qui interdit la veille profonde, et route les paquets par un processeur applicatif qui n'est pas fait pour cela.
La chaleur suit, et le dissipateur d'un smartphone, c'est son châssis : le charger pendant qu'il partage sa connexion additionne deux sources de chaleur, le système déclenche sa limitation thermique et le débit baisse. L'Arcep signale d'ailleurs que sa campagne 2025 s'est déroulée pendant un été marqué par plusieurs épisodes de fortes chaleurs, susceptibles d'influencer ponctuellement les performances de certains terminaux.
Le partage de connexion est un dépannage excellent et une solution quotidienne médiocre.
En déplacement : le train et le métro ne se ressemblent pas
Le cas nomade est celui où les mesures surprennent le plus. L'Arcep publie, pour les axes de transport, le taux de pages web affichées en moins de cinq secondes, tous opérateurs confondus.
Les axes routiers tiennent près de 87 % et les métros arrivent en tête avec 93 %, devant les RER et Transiliens à 84 %. Les trains de longue distance décrochent : 64 % dans les TGV, 65 % dans les Intercités et TER. Une réserve majeure accompagne cette lecture : sur les axes de transport, l'Arcep applique un protocole allégé avec des terminaux 2G, 3G et 4G, sans 5G, ce qui interdit la comparaison directe avec les zones d'habitation.
Le contraste avec la couverture est instructif. Le long des voies ferrées, la couverture 4G se situe entre 97,7 % et 99,3 % selon l'opérateur, contre 99,4 % à 99,9 % sur les axes routiers prioritaires, mais ces mesures portent sur l'extérieur des véhicules. Entre l'extérieur d'une rame et l'écran d'un passager, il y a une caisse métallique et une cellule partagée par des centaines de voyageurs : un hotspot ne change presque rien dans un TGV, alors qu'il change la donne dans une maison.
Box 4G : le gain en zone mal couverte, la mobilité en moins
La box renverse les contraintes. Alimentée sur secteur, elle n'a plus de budget d'énergie : modem à pleine puissance, Wi-Fi à plusieurs flux, grandes antennes, châssis qui dissipe sans se brider. Son vrai atout tient dans les connecteurs d'antenne externe : une antenne directive posée en hauteur et orientée vers le pylône concentre l'énergie au lieu de l'éparpiller, seul montage qui modifie les conditions physiques de réception.
Le cadre national explique sa pertinence. La zone peu dense définie par l'Arcep comprend environ 22 500 communes rurales, soit 18 % de la population et 63 % du territoire. La part du territoire couverte en 4G par les quatre opérateurs est passée de 45 % début 2018 à 88 % au troisième trimestre 2023, la part en zone blanche de 11 % à 1,9 %. L'ANFR recense 65 142 sites 4G en service en métropole au 1er août 2026, sur 68 735 autorisés.
La contrepartie est totale : une prise, un emplacement fixe et, avec une antenne, un pointage qu'un déplacement détruit. Certaines offres liées à ce type de boîtier sont rattachées à une adresse déclarée, ce qui verrouille l'usage nomade par contrat.
La box 4G est un point d'accès fixe qui utilise le réseau mobile, pas un appareil mobile.
Le comparatif complet
| Critère | Partage de connexion | Hotspot 4G dédié | Box 4G |
|---|---|---|---|
| Antenne externe possible | Non | Sur certains modèles | Oui, connecteurs standard |
| Réponse à l'atténuation par les murs | Aucune | Partielle, par le choix de l'emplacement | Complète, antenne déportée vers l'extérieur |
| Alimentation | Batterie du téléphone, qui assure aussi tout le reste | Batterie dédiée au modem et au Wi-Fi | Prise secteur obligatoire |
| Chauffe et bridage | Forte, limitation thermique fréquente | Modérée, bridage rare | Négligeable, dissipation libre |
| Routage des clients | Processeur applicatif du téléphone | Puce routeur dédiée | Puce routeur dédiée, plus les ports Ethernet |
| Mobilité | Totale, rien à transporter en plus | Totale, un objet en plus | Nulle en pratique |
Vérifier l'endroit avant d'acheter le matériel
Les mesures de l'Arcep désignent l'emplacement comme la première variable : le débit montant moyen passe de 30,93 Mbit/s à l'extérieur en zone dense à 8,24 Mbit/s à l'intérieur en zone rurale. Consultez d'abord le niveau annoncé sur la carte de couverture à votre adresse, puis testez plusieurs emplacements : étage haut, appui de fenêtre, pièce centrale. Un mètre de déplacement coûte moins cher que n'importe quelle antenne.
Quelle solution pour quel profil
| Profil | Choix pertinent | Raison déterminante |
|---|---|---|
| Panne de box, quelques heures par mois | Partage de connexion | Un appareil dédié ne se justifie pas pour un usage exceptionnel |
| Trajets quotidiens, un ordinateur portable | Hotspot 4G dédié | Batterie dédiée au modem, téléphone préservé sur la journée |
| Trajets en TGV, Intercités ou TER | Aucun matériel ne compense | 64 % de pages affichées en moins de cinq secondes en TGV, 65 % en Intercités et TER |
| Famille en van ou camping | Hotspot 4G dédié, si possible avec port d'antenne | Puce routeur dédiée et alimentation autonome |
| Résidence secondaire sans ligne fixe | Box 4G | Poste fixe, secteur disponible, antenne orientable si le signal est faible |
| Visioconférence quotidienne en zone rurale | Box 4G avec antenne externe directive | 10,34 Mbit/s de montant moyen rural, 8,24 à l'intérieur, contre 2 500 kbit/s montants recommandés par Microsoft en réunion |
Le volume de données décide plus souvent que le matériel
Selon l'Arcep, un client consomme en moyenne 18,4 Go par mois de données au premier trimestre 2026. C'est une moyenne sur l'ensemble du parc, pas une médiane : le régulateur n'en publie aucune, et la valeur est tirée vers le bas par les cartes peu utilisées comme vers le haut par les gros consommateurs.
Rapportez-y vos usages. Netflix annonce jusqu'à 0,3 Go par heure en qualité de base sur navigateur, jusqu'à 1 Go en définition standard, 3 Go en haute définition et 7 Go en ultra haute définition. Un foyer qui regarde en haute définition épuise une enveloppe mensuelle courante en quelques soirées, quel que soit le boîtier.
La logique tient en une phrase : plus l'usage est fixe, plus il est rentable d'investir dans l'antenne ; plus il est mobile, plus il faut investir dans l'autonomie.
Questions fréquentes
Un hotspot 4G capte-t-il vraiment mieux qu'un smartphone ?
Le boîtier plastique laisse passer les ondes, les antennes sont plus grandes et mieux séparées, et rien ne vient les désaccorder comme le fait une main. L'écart se compte en décibels, pas en multiples, et aucune source publique française ne le chiffre : l'Arcep elle-même ne publie aucune valeur d'atténuation en décibels. En zone confortable la différence est invisible ; en zone limite, elle décide de l'accrochage.
Pourquoi mon téléphone chauffe autant en partage de connexion ?
Il cumule trois charges : un modem qui émet en continu, une puce Wi-Fi maintenue en mode point d'accès sans veille possible, et un processeur applicatif qui route les paquets. Comme le châssis sert lui-même de dissipateur, la chaleur ne s'évacue pas, surtout en charge simultanée, et le système bride les fréquences. L'Arcep signale d'ailleurs que sa campagne 2025 s'est déroulée pendant un été marqué par plusieurs épisodes de fortes chaleurs, susceptibles d'influencer ponctuellement les performances de certains terminaux.
Le débit montant est-il vraiment un critère ?
C'est lui qui décide d'une visioconférence. L'Arcep mesure un débit moyen montant de 20,43 Mbit/s sur l'ensemble des zones d'habitation, mais 10,34 Mbit/s en zones rurales et 8,24 Mbit/s en zone rurale à l'intérieur des bâtiments. Microsoft recommande de son côté 1 500 kbit/s dans les deux sens pour de la vidéo en tête-à-tête sur Teams et 2 500 kbit/s montants en réunion, et Zoom annonce 2,6 Mbit/s montants pour un appel de groupe en 720p.
Un hotspot améliore-t-il la connexion dans le train ?
Très peu. L'Arcep mesure 64 % de pages affichées en moins de cinq secondes dans les TGV et 65 % dans les Intercités et TER, contre 93 % dans les métros et près de 87 % sur les axes routiers. La couverture 4G le long des voies ferrées se situe pourtant entre 97,7 % et 99,3 % selon l'opérateur, mais elle est mesurée à l'extérieur des véhicules : ce sont la caisse de la rame et la cellule partagée qui dégradent le résultat, et aucun boîtier ne corrige cela.
Faut-il une antenne externe pour améliorer sa réception ?
Seulement après avoir épuisé le déplacement de l'appareil, qui est gratuit. L'Arcep attribue la mauvaise pénétration en intérieur à l'atténuation par les murs, encore accentuée dans les bâtiments à haute qualité environnementale, et recense comme remèdes les réseaux d'antennes distribuées, les femtocells, les petites cellules, les répéteurs et la voix sur Wi-Fi. Si le signal reste faible partout, une antenne directive orientée vers le pylône est la seule solution qui change les conditions physiques de réception, et elle suppose un point d'accès fixe.